Palmarès 2025

La 1re édition, exposée au festival Images & Neige en janvier 2026 : photographes de 24 nationalités, 18 lauréats, et pour chaque image primée l’avis écrit du jury, tel qu’il est publié dans le livre du concours.

Le livre du concours

Les lauréats exposition série, les lauréats exposition image unique et les gagnants de catégorie sont publiés dans le catalogue de l’exposition, chaque photo avec l’analyse écrite du jury. Tous en reçoivent la version PDF.

Feuilleter l’édition 2025

Couverture du livre du concours Snow Much to See 2025.

4 lauréats exposition série

Pour chaque lauréat, le jury a retenu 3 photographies de la série, imprimées en fine art 40×60, encadrées et exposées au festival.

Natalya Saprunova

Lauréate exposition

La Vie dans le Pôle du Froid

Dans une grotte creusée dans la montagne de pergélisol et servant de demeure au personnage yakoute traditionnel Chyskhaan, considéré comme le Gardien du Froid, une femme yakoute découvre des cristaux de neige formés par condensation.
Dans une grotte creusée dans la montagne de pergélisol et servant de demeure au personnage yakoute traditionnel Chyskhaan, considéré comme le Gardien du Froid, une femme yakoute découvre des cristaux de neige formés par condensation.
Chyskhaan, personnage traditionnel yakoute dont le nom se traduit du yakoute par Gardien du Froid, observe la rivière Indiguirka à Oïmiakon. Par ironie, Oïmiakon signifie « l’eau qui ne gèle pas », en référence aux cours d’eau qui restent liquides même lors des froids les plus intenses. Ce phénomène s’explique par le fait que le sol demeure en permanence gelé, ce qui provoque la remontée des eaux souterraines vers la surface. L’eau de l’Indiguirka impressionne par sa pureté de source. Son nom se traduit, chez les Évènes éleveurs de rennes, par « vivre ».
Chyskhaan, personnage traditionnel yakoute dont le nom se traduit du yakoute par Gardien du Froid, observe la rivière Indiguirka à Oïmiakon. Par ironie, Oïmiakon signifie « l’eau qui ne gèle pas », en référence aux cours d’eau qui restent liquides même lors des froids les plus intenses. Ce phénomène s’explique par le fait que le sol demeure en permanence gelé, ce qui provoque la remontée des eaux souterraines vers la surface. L’eau de l’Indiguirka impressionne par sa pureté de source. Son nom se traduit, chez les Évènes éleveurs de rennes, par « vivre ».
Dans le contexte du changement climatique, ce chaman demande aux esprits de maintenir ce lieu dans le froid, car les anticyclones yakoutiens contribuent à réguler le climat de la planète. Ces puissants systèmes de hautes pressions, nés dans le froid extrême de la Sibérie, influencent les régimes météorologiques bien au-delà de la Yakoutie, reliant ainsi les traditions locales aux enjeux mondiaux.
Dans le contexte du changement climatique, ce chaman demande aux esprits de maintenir ce lieu dans le froid, car les anticyclones yakoutiens contribuent à réguler le climat de la planète. Ces puissants systèmes de hautes pressions, nés dans le froid extrême de la Sibérie, influencent les régimes météorologiques bien au-delà de la Yakoutie, reliant ainsi les traditions locales aux enjeux mondiaux.
L’avis du jury

Cette série montre comment un peuple, un territoire et un climat extrême forment un équilibre vivant. Les gestes, les postures et les tenues témoignent des traditions vivantes qui honorent le froid. Ce qui domine, c'est une forme de respect et d'écoute : la série rend perceptible l'endurance, l'adaptation et la sensibilité de cette population représentée dans sa vérité, avec une dignité tranquille.

Nous avons apprécié la maîtrise des volumes, des textures et de la lumière.

La palette chromatique contribue fortement à cette unité. Les blancs et gris froids, ponctués de quelques couleurs issues des vêtements traditionnels, instaurent une atmosphère à la fois réaliste et légèrement onirique. La lumière, toujours douce et enveloppante, révèle les infimes variations de la neige et de la glace. Elle confère à l'ensemble un caractère pictural qui donne à chaque scène une profondeur presque narrative.

La photographe

Natalya Saprunova, photographe documentaire basée à Paris, a grandi dans la région arctique de Russie, sur la péninsule de Kola. Elle a débuté sa carrière comme photojournaliste avant de s’installer en France en 2008, puis a quitté un poste dans le marketing pour se consacrer entièrement à la photographie.

Depuis 2019, elle retrace les paysages nordiques de son enfance, voyageant seule et adoptant les modes de vie locaux pour instaurer une relation de confiance avec les communautés qu’elle photographie.

Devenue citoyenne française et diplômée en 2020 en photojournalisme documentaire de l’EMI-CFD à Paris, elle développe une approche ethnographique centrée sur l’identité, les droits humains, l’environnement, le changement climatique, la jeunesse, la féminité et la spiritualité.

Son travail est exposé à l’international et a reçu plusieurs distinctions, dont le Canon Female Photojournalist Grant au festival Visa pour l’Image.

Paris · Instagram · Site

Ying Yin

Lauréate exposition

Les Vents d’Okhotsk

Ying Yin, Lauréate exposition
Ying Yin, Lauréate exposition
Ying Yin, Lauréate exposition
Planche-contact des 15 images de la série : façades, maisons et ruelles enneigées, presque effacées par le blanc.
La série « Les Vents d’Okhotsk » complète : 15 images (planche du livre, p. 18)
L’avis du jury

Cette série transforme un paysage urbain enneigé en un espace presque abstrait, où la réalité semble flotter entre apparition et disparition. La démarche se distingue d'emblée par son rapport au vide : la neige devient un outil de composition dans la lignée du Ma japonais (間), l'art de l'intervalle, du vide qui existe et qui structure l'image, la soutient.

Nous avons apprécié la maîtrise du minimalisme et l'esprit de la gravure ou du dessin à réserve, où la neige devient un médium plastique plutôt qu'un simple phénomène météorologique.

Le traitement très doux de la lumière, la palette pastel, l'effacement progressif des détails donnent aux scènes une qualité onirique. La ville semble glisser vers un autre plan d'existence, comme si elle appartenait à une mémoire ou à un rêve, dans une réflexion subtile sur la frontière entre réel et imaginaire.

Une série qui définit la notion de série

Chaque image de la série répond aux autres par l’économie des formes, la douceur chromatique et l’intelligence du cadrage, qui fonctionne même à l’envers (le renversement est un test usuel pour tester la robustesse d’une composition)

Le photographe

Ying Yin, née à Shanghai et aujourd’hui basée au Japon, développe une œuvre ancrée dans le réel tout en le dépassant pour créer des atmosphères empreintes de surréalisme.

Titulaire d’un MFA en design graphique de la Tama Art University, elle explore au fil de ses voyages la face invisible des villes et met en lumière la relation entre nature et êtres humains à travers des scènes chargées d’émotion.

Son travail a été exposé au Japon, en Russie, en Chine et en Europe, et a été distingué par plusieurs prix et sélections, notamment le Canon GRAPHGATE, le Kanagawa Prefectural Art Exhibition, le Belfast Photo Festival et les Hasselblad Masters. Ses séries ont fait l’objet d’expositions personnelles, comme « Wind of Okhotsk », et figurent dans diverses publications tout en étant relayées par des médias internationaux tels que The Guardian, My Modern Met, Fstoppers, Feature Shoot ou Fubiz.

Japon (née à Shanghai) · Instagram

  • Natalia Pereverzeva, Exhibition WinnerNatalia PereverzevaLauréate exposition
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    Ces photographies montrent des phénomènes hivernaux observés avec intimité, science et esthétique. Le jury a apprécié la qualité picturale abstraite, la palette de verts et de gris inhabituelles pour ce type d’exercice. On perçoit un travail attentif du point de vue et de la distance, qui donne à chaque image un équilibre entre précision et mystère.

    Le cadrage exploite parfaitement la géométrie naturelle de la glace. Les réseaux de fissures deviennent graphismes, les bulles emprisonnées composent des constellations, les strates créent des surfaces presque métalliques.

    La maîtrise de la lumière est décisive, puisqu’elle révèle les reliefs infimes et accentue la profondeur.

  • Denis Balibouse, Exhibition WinnerDenis BalibouseLauréat exposition · Suisse
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    Le jury a apprécié la variété des approches : éclats de neige figés dans la lumière, silhouettes comme découpées et collées au ciel, clins d’oeils surréalistes ...

    La série fusionne technique sportive, maîtrise du vol et esthétique hivernale. Le photographe isole des gestes extrêmes dans un paysage graphique qui structure l’image.

    Le traitement des hauteurs, des diagonales et des volumes accentue la sensation de trajectoire et de vitesse, tout en laissant l’œil circuler librement entre l’athlète et l’environnement.

    L’ensemble propose une lecture du sport comme un dialogue avec l’élément neige lui-même.

    Les projections, les traces, les cristaux qui explosent autour des skis deviennent autant de signes visuels qui enrichissent l’image.

3 lauréats exposition image unique

1er, 2e et 3e prix pour une image unique, imprimés en 30×45 et exposés au festival.

Gabriel Madie

1er Prix
Gabriel Madie, 1er Prix
L’avis du jury

Le jury a apprécié cette image pour la manière dont elle transforme une descente à ski en une forme de calligraphie tracée sur une immense feuille de neige. La trace devient un ductus : un trait continu, intentionnel, où le mouvement du skieur définit une grammaire visuelle aussi précise qu'une encre sur le papier, à la fois spontanée et parfaitement composée. C'est une ligne faite de contrôle, de rythme, d'inflexions et de contre-inflexions.

La quasi-disparition des repères spatiaux renforce cet effet : le terrain se dissout en un champ monochrome, et le skieur semble suspendu dans un espace abstrait, comme s'il écrivait directement sur le paysage.

Les variations délicates de tons, du bleu froid au gris doux, accentuent la pureté graphique de l'image.

L'ensemble est à la fois saisissant et méditatif : une synthèse de précision athlétique et de minimalisme artistique, où la montagne devient une page et le skieur l'auteur de signes éphémères.

Le photographe

Gabriel Madie est ingénieur, moniteur de ski et photographe. Spécialisé dans les images de ski, de montagne, de surf et d’aventure, né et élevé sur une île, il a développé un lien profond avec la nature. Il a ensuite passé chaque année entre un et 3 mois à travailler en montagne enneigée, approfondissant sa relation avec l’eau, la neige et le monde naturel.

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Estebane Rezkallah

2e Prix

L’héritage de l’Est

De gauche à droite, les 2 enfants, âgés de 2 ans, suivent déjà les traces et le savoir-faire de leur mère. Ils sont ainsi prêts à s’adapter par eux-mêmes à cet environnement extrême.
De gauche à droite, les 2 enfants, âgés de 2 ans, suivent déjà les traces et le savoir-faire de leur mère. Ils sont ainsi prêts à s’adapter par eux-mêmes à cet environnement extrême.
3 de ces flocons ne sont pas des flocons
3 de ces flocons ne sont pas des flocons
Comme une cordée d’alpinistes, cette famille avance en se suivant de près dans la tempête de neige.
Comme une cordée d’alpinistes, cette famille avance en se suivant de près dans la tempête de neige.
L’avis du jury

Cette photographie réunit 2 qualités rarement présentes ensemble : une scène d'une extrême rareté naturaliste et une composition d'une maîtrise remarquable.

Photographier une mère ours polaire en file indienne avec ses jeunes ours relève déjà de la chance rare. Mais les capturer dans cette composition relève du miracle naturaliste :

  • un alignement parfait en file indienne
  • un intervalle identique entre les ours
  • la position identique des pattes et l'inclinaison de la tête
  • un ordre de taille décroissant
  • les 3 ours qui forment une frise, presque un motif répétitif où chaque corps reprend la courbe du précédent
  • des verticales (pelage) et des horizontales (frisures de l'eau)
  • la composition en bandes horizontales (l'eau, la glace, les ours, le ciel)
  • les 3 états de l'eau (eau, glace, neige)
  • le contraste et l'équilibre entre les couleurs chaudes des ours et les couleurs froides de la glace et de l'eau
  • le turquoise glacé de l'eau, qui crée un accent lumineux rare, véritable signature arctique, ajoute une profondeur atmosphérique et donne au regard un point d'ancrage sensoriel
  • la juxtaposition de textures poreuses, lisses, rugueuses et mouvantes
Le photographe

Son parcours s’illustre par une succession de projets engagés au long cours dans les environnements polaires, alpins et marins : une année entière dans les régions polaires en tant que photographe et réalisateur documentaire, 4 mois de suivi de loups en conditions hivernales autonomes dans le Vercors, une expédition de 2324 km à pied à travers les Alpes entre Monaco et Ljubljana (109 jours), ainsi qu’une mission en Polynésie pour documenter les baleines, un documentaire sur les chasseurs de l’Est du Groenland (2026)

Le travail a été récompensé à plusieurs reprises, notamment par le Sony World Photography Awards, où l’auteur remporte en 2025 le prix du Best Wildlife & Natural World, ainsi que par le ND Awards et par la Fondation du Prince Albert II de Monaco.

Ces distinctions s’ajoutent à un Best Ocean Photo 2023 attribué par The Nature Conservancy et à une publication dans Le Figaro pour un grand reportage.

Les expositions se sont multipliées dans des lieux prestigieux, notamment celles organisées par Sony au Somerset House à Londres au Museo Diocesano Carlo Maria Martini de Milan, et le Willy Brandt Haus, à Berlin.

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  • Fabrice Wittner, 3rd PrizeFabrice Wittner3e Prix
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    Le jury a été touché, nous nous sommes presque recueillis devant cette série qui aborde la mémoire de la Première Guerre mondiale à travers les vestiges encore présents en Alsace.

    La neige recouvre les tranchées, les rend plus hostiles encore, souligne l’inconfort, le froid, la fatigue et l'isolement qu’imposaient ces positions. La tranchée apparaît presque intacte sous le manteau neigeux et on peut facilement imaginer ce que signifiait être posté dans cet espace confiné, glacé, silencieux. On se projette, on se rend compte, on se souvient avec précision de ce que nous avons eu la chance de ne pas vivre.

    La composition est solide avec une ligne de tranchée clairement lisible, une profondeur bien construite, une hiérarchie visuelle nette entre premier plan, milieu et fond.

    Les teintes froides installent une atmosphère rigoureuse, cohérente avec la réalité historique du terrain.

    Les sources lumineuses attirent l’attention sur des points précis du paysage et on peut y voir la persistance de la mémoire plutôt qu’une présence surnaturelle. Elles contribuent à structurer la lecture de l’image, et à nous faire entrer dans un portail temporel.

Coup de cœur du jury

Gao Shang

Coup de cœur du jury
Gao Shang, Coup de cœur du jury
Gao Shang, Coup de cœur du jury
Gao Shang, Coup de cœur du jury
Gao Shang, Coup de cœur du jury
Gao Shang, Coup de cœur du jury
L’avis du jury

L’image retient immédiatement l’attention par la force de son incongruité. La neige efface le contexte, supprime les repères et transforme un simple élément de parc ou de décor en apparition graphique et presque symbolique, déclenchant des interrogations avant de raconter une histoire.

La composition est rigoureuse :

  • un sujet centré dans l’espace blanc
  • une palette réduite où les couleurs du dragon deviennent structure
  • la présence discrète des 2 personnages, qui réintroduisent l’échelle

Toute la série repose sur un principe esthétique fort : utiliser la neige comme un outil d’effacement qui isole les sujets pour mieux en révéler la poésie involontaire. Ce que le jury a apprécié :

  • une cohérence visuelle totale : palette blanche-neige, compositions centrées ou presque flottantes
  • une logique d’inventaire, où chaque objet devient un motif suspendu dans le vide
  • une lecture sociologique en filigrane : les traces d’une vie quotidienne confrontée à un environnement extrême
Le photographe

Gao Shang, artiste de l’image né en 1992 et basé à Harbin, développe un travail qui explore la photographie conceptuelle, l’abstraction et les formes contemporaines de l’image. Son œuvre a été largement exposée et primée lors de compétitions chinoises et internationales consacrées à la photographie moderne.

Harbin · Instagram · Site

Prix de catégorie

Les prix thématiques de l’édition 2025.

Francesco Merlini

Prix Environnemental

Bâches

Bâches
Bâches
L’avis du jury

Cette photographie a été distinguée pour sa double dimension documentaire et artistique.

Les couvertures géotextiles réfléchissent la lumière du soleil et protègent la neige et la glace en dessous de la chaleur et des rayons UV. Ils permettent au glacier de conserver davantage de masse d’une année sur l’autre.

Ces couvertures génèrent des “vagues” immobiles, qui peuvent aussi bien être des montagnes enneigée de cette neige-même qui tend disparaître, et qu’elles préservent. Cette ambiguïté formelle crée un effet saisissant : on ne sait plus si l’on regarde un glacier, un drapé, une mer figée ou une installation monumentale.

La composition combine 3 éléments forts :

  • les ondulations répétées, qui produisent un rythme graphique fort
  • la tension entre zones sombres et reflets froids
  • l’échelle du paysage où l’horizontal se transfigure en horizontal

La série entière fonctionne parce qu’elle développe une grammaire visuelle cohérente avec un motif récurrent de drapés, une palette restreinte, un jeu constant sur l’ambiguïté d’échelle

Le photographe

Le travail de Francesco Merlini, né à Aoste en 1986 et basé à Milan, a été sélectionné par le British Journal of Photography, le Prix HSBC, le Leica Oskar Barnack Award, et le Sony World Photography Awards, la Fondation HCB, Kraszna-Krausz Foundation, PhotoEspaña, Belfast Photo Festival et autres institutions. Ses images ont été publiées dans The Washington Post, Financial Times, Le Monde, The Guardian, Wired, Internazionale, Corriere della Sera, La Repubblica, La Stampa, etc.

Milan (né à Aoste en 1986) · Instagram · Site

Lee Nordbye

Prix Abstraction

Sculpte

Sculpte
Sculpte
L’avis du jury

C’est sa sobriété qui confère à cette image sa force visuelle.

Sa composition est déstabilisante, on perd la notion de haut et de bas pour entrer dans celle de la profondeur, de l’élan vers l’avant, pour rejoindre ce ciel qui se devine entre 2 strates mystérieuses.

La photographie établit un dialogue entre les matières évanescentes du centre, la surface moelleuse du bas, ornée de fines stries, et la surface dure de la glace de la strate haute, presque minérale.

Le photographe joue sur des transitions douces entre gris clair et gris foncé, ce qui crée un relief subtil mais bien lisible, apprécié pour sa précision technique.

Au sein de la série, cette image devient un maillon dans une exploration des formes, des textures, du mouvement du vent sur la neige, du rapport entre surface et profondeur.

Le photographe

Lee Nordbye est basé dans les Rocheuses, en Alberta, au Canada. Photographe primé et publié, il est reconnu pour un style affirmé qui explore les nuances intimes du monde naturel.

Rocheuses canadiennes, Alberta · Site

Elizabeth Sanjuan

Prix de l’esthétique

Neige silencieuse II

Neige silencieuse II
Neige silencieuse II
L’avis du jury

Voici une image simple en apparence, mais d’une grande précision visuelle, émotionnelle et technique, où geste, neige et espace se répondent dans une esthétique minimaliste presque japonaise.

L’image repose presque entièrement sur le vide avec un horizon effacé, un ciel neigeux sans structure, une surface d’eau réduite à une texture. Les flocons envahissent la scène et deviennent texture, unifiant le ciel et l’eau, effacent les repères de profondeur et créent une ambiance presque abstraite. Le pêcheur devient le seul point d’ancrage, ce qui donne à la scène une tension intérieure très forte.

Le tracé de la ligne relève du geste calligraphique, formant comme un kanji japonais épuré, dans un style cursif. On sent l’énergie et le souffle calligraphique.

On perçoit une atmosphère sensorielle enveloppante : le froid, le silence, la neige, l’isolement, la concentration du pêcheur.

L’usage de la couleur est d’une élégance rare avec une palette quasi monochrome bleu-gris.

Le photographe

Elizabeth Sanjuan est née à Hollywood, en Floride, de parents immigrés cubains. Après une carrière de 21 ans chez American Airlines, elle a pris sa retraite afin de se consacrer pleinement à la photographie et au soutien de jeunes artistes émergents du monde entier. Grande voyageuse, elle a visité plus de 90 pays. Elizabeth pratique la photographie depuis plus de 10 ans. Durant cette période, elle a exposé et vendu ses œuvres dans des galeries de 6 États américains et a étudié auprès de photographes renommés. Elle a dirigé pendant plus de 5 ans une importante galerie d’art en Floride, et continue de collectionner et de vendre des œuvres d’artistes émergents comme établis au sein de sa société, Gallery 2014 LLC. Elizabeth est également une défenseuse engagée des droits des femmes et des causes environnementales.

Floride (née à Hollywood, Floride) · Instagram · Site

Steven Nestor

Prix Pictorialisme

Aiguille du Midi

Aiguille du Midi
Aiguille du Midi
L’avis du jury

Ne dirait-on pas une illustration de l’illustre Samivel ? Ces jeux de bleu et de blanc, cette forme de paix et de mise en suspens du temps... La photographie s’approche d’une estampe, d’un lavis, ou d’un pastel très clair.

La composition privilégie les formes, les rythmes et la douceur tonale, ce qui est au cœur de l’esthétique pictorialiste.

La neige efface les détails, simplifie les formes et crée des transitions très douces entre ombre et lumière. Cette absence de texture renforce l’impression de peinture ou de dessin à la craie. Le relief existe, mais uniquement par variations douces de densité. Cette approche gomme le côté documentaire pour créer une impression visuelle plus atmosphérique.

La composition est orchestrée comme un tableau, avec une ligne de crête fluide qui conduit l’œil vers le sommet puis vers le groupe d’alpinistes

Les silhouettes humaines sont comme des accents graphiques qui donnent l’échelle, le rythme et une narration discrète, élégante et intemporelle.

Le photographe

Steven Nestor est originaire de Dublin et diplômé en photographie du Dublin Institute of Technology. Il travaille à l’Institute of Art, Design & Technology, où il a terminé en 2017 un master en Art Research Collaboration (ARC), obtenu avec distinction. Les œuvres de Nestor ont été exposées à Arles, Athènes, Cork, Dublin, Hong Kong, Kassel, Londres, Milan et Rome.

originaire de Dublin · Instagram

Greg Bolder

Prix du Noir & BlancCanada

Hiver à la piscine

Hiver à la piscine
Hiver à la piscine
L’avis du jury

Cette image conjugue minimalisme, jeu sur le contraste, lumière rasante et motifs géométriques. Sa sobriété s’inscrit dans la tradition du noir et blanc classique.

En noir et blanc, la force d’une image repose souvent sur la structure graphique. Ici, les barreaux et leurs ombres créent un système de lignes parallèles qui génère un rythme visuel très fort.

La lecture en strates très nette : on entre par les ombres longues et obliques, on parcourt le grillage vertical, on rejoint la neige et on finit par un très inattendu plongeoir, à partir duquel on rejoint le ciel. Sa présence discrète, isolée au loin, introduit une rupture dans la rigueur géométrique du premier plan. Elle ajoute une narration minimale et un point de respiration dans l’image, ce qui évite l’effet « grille abstraite » purement formel.

Le noir profond des barreaux et les blancs purs de la neige créent un contraste maximal sans perte de détail dans la neige, espace négatif qui fait respirer l’image. Cet espace existe, habité par la texture et l’imaginaire qui la parcourt, la ressent, y laisse sa trace.

Le photographe

Greg Bolder est un photographe amateur Canadien. Son travail a été exposé à la galerie BBA à Berlin, en Allemagne. Il a remporté la 1ère place du concours en ligne de la 10 Moirs Gallery aux États-Unis. Il a également été exposé à 2 reprises à la Blank Wall Gallery à Athènes (Grèce), ainsi qu’à la Glasgow Gallery of Photography.

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  • Jim Chung, Macrophotography PrizeJim ChungPrix Macrophotographie
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    Oui, il existe beaucoup de photos de flocons. Mais celle-ci combine plusieurs facteurs exceptionnels :

    1. Le flocon présenté ici possède une symétrie quasi parfaite, des bras très développés, et une densité de micro-motifs rarement visibles aussi nettement. Beaucoup de photographies de flocons montrent des formes partiellement fondues ou incomplètes. Ici, le cristal est d’une intégrité remarquable, ce qui rend l’image précieuse d’un point de vue naturaliste.

    2. Une richesse chromatique inhabituelle avec une dispersion colorée : des reflets rouges, cyan, verts… Ce phénomène est difficile à obtenir de manière stable car il nécessite un éclairage très contrôlé, un angle précis et une surface réfléchissante qui amplifie la décomposition spectrale. Ce rendu donne au flocon une dimension presque holographique qui dépasse la simple documentation.

    3. Un contraste radical entre le flocon extrêmement net, lumineux, géométrique et le fond organique, fibreux, presque chaotique.

    4. Une maîtrise technique exigeante, car macrophotographier un flocon intact demande une température très basse, une absence totale de vibration et une profondeur de champ extrêmement réduite.

  • Dennis Picart, Naturalist PrizeDennis PicartPrix Naturalisme · Canada
    Lire l’avis du jury

    Cette photographie a été distinguée pour la rareté de l’action capturée : un renard réussissant à attraper un campagnol en plein saut, une scène presque impossible à anticiper et qui exige un mélange exceptionnel de patience, de connaissance du comportement animal et de maîtrise technique.

    Avant l’instant photographié, le campagnol circulait sous la neige, hors de vue. Le renard, grâce à son ouïe fine, l’a localisé sans qu’aucune trace ne soit visible en surface. Il s’est figé, a calculé la distance, puis a bondi pour frapper la neige, déterrer sa proie et la catapulter en l’air : c’est le “mousing”.

    Ce que l’on voit est l’instant décisif : le campagnol expulsé au-dessus de la surface, encore dans une trajectoire incontrôlée, et le renard concentré pour saisir définitivement sa prise avant qu’il ne retombe.

    La neige revêt ici un rôle presque documentaire : elle explique la technique de chasse, se fait théâtre de la scène précédent le catapultage, porte l’histoire dans son ensemble et permet de se focaliser sur le renard, sa couleur, sa posture, sa joie.

  • Claudine Faucon, Movement PrizeClaudine FauconPrix du Mouvement
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    Le jury a distingué cette image pour la force communicative et immersive de son point de vue. La photographie place le regard exactement là où se tient la personne sur le traîneau, et transmet immédiatement la sensation physique du mouvement.

    Le léger flou radial n’est pas une faiblesse mais l’un des éléments clés : il traduit la vitesse, le froid sur le visage, l’élan des chiens, la glisse du traîneau sur la neige. Cette vibration visuelle projette le spectateur dans la scène plutôt que devant elle.

    La neige, très lumineuse, amplifie cette impression d’énergie en offrant un terrain uniforme qui renforce la sensation de glissement continu. Le bois des arbres file de part et d’autre comme un tunnel dynamique, accentuant la perspective et l’accélération.

    La composition, centrée sur la ligne d’attelage, conduit l’œil jusqu’au musher, dont la stabilité contraste avec la nervosité joyeuse des chiens.

    L'image fonctionne car raconte une expérience sensorielle universelle, un moment de mouvement, de confiance et de liberté.

  • Alma, Landscape PrizeAlmaPrix du Paysage
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    Le jury a distingué cette image pour la puissance de sa composition et la manière innovante dont elle révèle le paysage hivernal. L'œil est immédiatement saisi par la structure en double arc : en bas, l’immense courbe de glace fissurée qui entoure le lac, et au-dessus, ce nuage étiré qui répond visuellement au dessin du sol. Cette résonance formelle rare crée un équilibre spectaculaire, presque graphique, comme si le ciel et la terre se faisaient écho.

    L’image se distingue aussi par l’harmonie de sa palette tonale : le bleu profond du lac gelé, les bruns chauds des reliefs, les blancs éclatants des craquelures.

    Chaque strate possède sa propre texture, du ciel moelleux aux variations douces, jusqu’à la glace parcourue de lignes vives et fragiles qui semblent crépiter sous le regard. Cette opposition entre douceur atmosphérique et dureté craquante du lac donne à la scène une dimension sensorielle : on croit presque entendre le bruit de la glace qui travaille.

    L’image montre avec précision le phénomène unique des fissures de Baïkal, véritables cartes vivantes de la pression et du mouvement du lac gelé. Cette lecture géographique se combine à une esthétique panoramique immersive qui donne la sensation de survoler un monde à la fois réel et irréel.

Sélection parmi les photographies remarquables du top 10 %

Clément Cornec

Sélection parmi les photographies remarquables du top 10%

Couverture de glace

Couverture d’Or
Couverture d’Or
Couverture de glace
Couverture de glace
Le photographe

Son travail a été exposé dans plus de 30 lieux, notamment lors de grands événements comme le Festival International de la Photo Animalière et de Nature de Montier et Phot’Aubrac. Ses images ont été récompensées dans des concours internationaux majeurs tels que Bird Photographer of the Year ou le Festival International Nature de Namur. Ses photographies et récits associés ont été publiés dans des magazines de référence comme Nat’Images et Terre Sauvage. Plus de 40 de ses images figurent dans l’ouvrage The Emperor, dirigé par Luc Jacquet, Oscar pour La Marche de l’empereur.

À votre tour : candidatures ouvertes du 1er au 30 novembre 2026

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